Table ronde - La formation audiovisuelle en Afrique

Salon bleu | SA 20 | 16h30

Projection de films issus de différentes filières de formation :

Trois films de l’Ecole Abidin Khaid Saleh, située dans le camp de réfugiés sahraouis de Bojdour dans le Sahara algérien, deux films du réseau du documentaire Africadoc Le Griot du métal et Un savoir transmis, un film réalisé à l’ECAL, Nirin.

Invités:
Réalisateurs : Brahim Chagaf, Omar Ahmed Abdalahe (Abidin Khaid Saleh), Rama Thiaw (Sénégal), Josua Hotz (ECAL), Karim Sayad (autodidacte).
Formateurs : Baba Diop (Dakar), Amina Djahnine (Lausanne)

Le débat sera animé par Olivier Barlet (journaliste et écrivain,
Africultures) et Philippe Cordey (chef-opérateur).

Dans les écoles de cinéma des pays occidentaux,l’enseignement suit un modèle rôdé et classique, un cursus long, onéreux, peu flexible et de très haute qualité. L’émergence de nouvelles technologies de prise de vues, la diffusion et l’accès quasi-instantané aux images sur internet provoquent un nouvel engouement dans le large public et permettent à chacun de réaliser son propre film. Des formations de base sont accessibles
en ligne par des tutoriels ou des workshops. L’Afrique dispose d’une vingtaine d’écoles de cinéma de type classique, avec un cursus calqué sur les modèles occidentaux et des intervenants et des financements
extérieurs. Des programmes de coopérations financent aussi ponctuellement certaines formations. Malgré tout, l’accès aux supports de cours, à du matériel technique performant est très coûteux. Par ailleurs,
les coupures de courant endémiques et le manque d’intervenants locaux sont des freins à un enseignement de qualité.

En parallèle, l’émergence récente de la TNT sur le continent africain, le lancement d’un netflix (Afrostream, Buni TV, IrokoTV) diffusant uniquement des films africains, nécessitent de produire des programmes en quantité, et donc de former rapidement des créateurs et des techniciens. Des initiatives originales en matière se créent un peu partout. Des entrepreneurs africains financent et proposent des formations en ligne basées sur le continent (ECRAN, Togo) ou à l’étranger (cinecours,
Canada). Le modèle de la chaîne Africanews, nouvelle plateforme
africaine d’information, se base sur l’apport large d’un public participatif muni d’un smartphone, créant ainsi un réseau pan-africain de Story Hunters, des journalistes d’un jour.

Des écoles de cinéma naissent, par exemple, dans les bidonvilles de Nairobi au Kenya (Slum TV), dans des camps de réfugiés sahraouis (Abidin Khaid Saleh), permettant aux élèves de s’exprimer dans un environnement
qu’ils n’ont pas choisi.
L’Afrique pourrait donc jouer un rôle fédérateur dans
le renouvellement de l’enseignement audiovisuel,
permettant finalement la défense de la culture africaine.

Le griot du métal
Un savoir transmis
Nirin
Kiosk
Films Sahara occidental